La CFDT reçoit la délégation du ministère du Travail japonais

La CFDT reçoit la délégation du ministère du Travail japonais

Après la délégation américaine le 12 janvier, la Fédération des services CFDT a eu le plaisir d’accueillir un groupe d’étude japonais.

Composée de M. Yasuo Suwa (ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales), de M. Go Kobayashi (secrétariat du Comité central des Relations professionnelles) et de M. Shinsuke Murano (Premier secrétaire aux Affaires sociales près l’Ambassade du Japon en France), la délégation a souhaité échanger sur le système de franchise. Ce besoin fait suite aux plaintes des franchisés japonais concernant leur statut.

« Les franchisés veulent acquérir plus d’indépendance vis-à-vis des donneurs d’ordres, rapporte M. SUWA, ils ne contrôlent pas leur comptabilité, se voient parfois forcés d’ouvrir 24/24 h (pour les franchises 7-eleven), ils doivent rapporter leur chiffre d’affaires quotidiennement au franchiseur. Ils ne relèvent pas du droit du travail comme les salariés et pourtant ils sont comme des travailleurs vis-à-vis d’un patron».

Les franchises au Japon sont très développées dans les petits commerces de proximité (les business store) et les produits cosmétiques.

Les membres du Pôle Hôtellerie-tourisme-Restauration, qui compte nombre de franchises dans la restauration rapide, la restauration collective et les hôtels, ont fait un comparatif avec la situation en France. « La franchise plutôt que la filiale est un système très avantageux et lucratif pour celui qui la propose, explique Doudou Konaté, Secrétaire fédéral Hôtels-Cafés-Restaurants (HCR). Or, le poids de ces franchises, plus indépendantes qu’au Japon, prend de plus en plus d’importance et les franchiseurs commencent à limiter le nombre de franchises délivrées à un même chef d’entreprise ».


Concernant la négociation collective, la délégation nippone s’est intéressée au positionnement des franchisés : sont-ils sur le même banc des salariés, ou bien des chefs d’entreprise ? En France, les franchisés intègrent les organisations syndicales patronales plutôt que les organisations syndicales de salariés, ils sont reconnus de façon générale comme des chefs d’entreprises indépendants.

Les moyens d’actions des franchisés, la dispersion géographique nippone, la gestion et l’évolution de ce système entrepreneurial : les thèmes de discussion n’ont pas manqué dans cette rencontre riche en échanges. Le groupe d’étude japonais rendra compte de cette expérience dans leurs travaux du Comité central des Relations professionnelles du ministère du Travail.

®Nos revendications :

  • « La CFDT Services essaiera par tous moyens d’obtenir des IRP dans les entreprises sous franchise, notamment en identifiant les propriétaires de plusieurs sociétés et en exerçant des pressions sur les entreprises propriétaires des marques.

Chaque section d’une entreprise franchiseuse revendiquera l’accès des salariés franchisés aux garanties sociales de leur entreprise. Elles revendiqueront la mise en place d’une instance de représentation de tous les personnels. »

Notre participation à la campagne internationale dans la restauration rapide nous confronte au modèle économique de la franchise appliqué partout dans le monde. Nous y sommes confrontés aussi dans l’hôtellerie et la restauration thématique.

Une convention collective nationale ne peut pas être la seule réponse car elle ne permet pas :

-d’organiser les salariés avec des IRP

-de réellement rapprocher les salariés d’une franchise au niveau de garantie dont bénéficie les salariés « corporate ».

Nous agissons au niveau de grandes entreprises comme Accor ou Mc Donald’s mais le législateur pourrait aussi être une voie d’action.

®Pour aller plus loin :

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